Partageons notre passion du sport !

Le canyonisme serat-il un jour illégal

Un article sensible, transmit à altisud par un pranticant passionné pose une réflexion qui mérite de s'intéroger sur l'avenir du canyonisme...
15/07/2009 11:50:38

Retour à liste

Article

Après le tragique accident de la Fouge de la semaine dernière,

Un article sensible à été publié par la commission de sécurité des consommateurs (autorité administrative indépendante créée par la Loi du 21 juillet 1983 relative à la sécurité des consommateurs. Elle est composée de magistrats des hautes juridictions, de représentants des collèges professionnels et consommateurs, de personnalités qualifiées). Alors que cet accident n’est de toute évidence pas lié à une crue subite, on peut néanmoins lire :

"Sécuriser la pratique du canyonisme

Sport de pleine nature consistant à descendre en rappel, par des sauts ou à la nage, des cours d’eau coulant au fond de gorges étroites, le canyonisme compte aujourd’hui plusieurs milliers de pratiquants, licenciés sportifs ou simples amateurs. Mais, ces dernières années, cette activité a été à l’origine de graves accidents dus principalement aux crues soudaines. En témoignent, les trois décès survenus vendredi dernier dans la cascade de la Fouge, à Cerdon dans l’Ain. Depuis 2000, on déplore une dizaine de morts, dont 6 pour la seule année 2008 et de nombreux blessés. Le Système national d’observation de la sécurité en montagne a ainsi dénombré, entre 1999 et 2007, une moyenne annuelle de 95 interventions des services de secours, sachant qu’une intervention vient souvent au secours de plusieurs personnes. [...]

La CSC recommande également aux préfets des départements concernés de recenser, en liaison avec les fédérations sportives, les sites notoirement fréquentés qui ne disposent pas d’échappatoires et, le cas échéant, d’en interdire la pratique. Il s’agirait également de mettre en place, à l’entrée et le long des canyons praticables, une signalisation des échappatoires (sentiers et promontoires permettant d’échapper aux crues). [...] " Texte intégral ici : http://www.securiteconso.org/article711.html

Dans son avis (en date du 12 février 2009), qui évoque en détail la question de la pratique du canyonisme, on peut lire, parmi les recommandations (je n’ai gardé que les plus choquantes, certaines relevant uniquement du bon sens (genre "s’informer de la météo avant de s’engager"). La mise en gras est personnelle :

" La Commission recommande :

1. Aux pouvoirs publics en liaison avec les fédérations sportives et plus particulièrement la fédération délégataire

● De prendre des mesures réglementaires visant à instaurer des garanties de technique et de sécurité dans les structures organisant, à titre gratuit ou onéreux, de façon habituelle, saisonnière ou occasionnelle, l’enseignement, l’animation, l’encadrement ou l’entraînement à la pratique du canyonisme, mesures pouvant être très utilement étendues à d’autres disciplines de progression sur cordes (alpinisme, via ferrata, spéléologie). Cette réglementation pourrait définir, notamment : [...]

− pour chaque type de canyon, selon son niveau de difficulté et d’engagement, l’âge minimum requis pour pratiquer l’activité ; − dans certaines configurations de canyon ou d’exercices proposés et en fonction des capacités des participants (par exemple, fort débit de cours d’eau, difficultés des sauts, nombre élevé de débutants dans le groupe etc...), la présence au minimum de deux encadrants ; − la présence au minimum de deux encadrants pour un groupe de mineurs ; − les compétences nécessaires en matière de natation pour pouvoir pratiquer le canyonisme ; − une obligation d’affichage journalier (ou de communication pour les structures dépourvues de locaux) des informations délivrées par Météo-France et par les opérateurs hydrologiques (débit, lâchers d’eau …) et de leur impact sur la difficulté de la pratique ; − la description des équipements de protection individuelle requis en fonction du rang de classement du canyon, l’obligation de leur bon entretien et de leur traçabilité, conformément aux dispositions du code du travail ; [...] ● De demander aux préfets des départements dans lesquels est pratiqué le canyonisme : − de procéder, en liaison avec chaque direction départementale des sports et les fédérations sportives compétentes, à un recensement des sites de canyonisme notoirement fréquentés ne permettant pas à un pratiquant d’échapper à une crue éventuelle (notamment en l’absence d’échappatoires) ; − d’envisager l’opportunité qu’il y aurait à interdire la pratique du canyonisme dans certains de ces sites ; − de procéder, aux principaux points d’accès d’un canyon, à un affichage lisible, visible et indélébile, en plusieurs langues, du niveau de difficulté (tout canyon difficile devant être explicitement déconseillé aux pratiquants débutants), de la topographie du parcours, des zones où le canyonisme peut être pratiqué, de l’emplacement des échappatoires, des horaires conseillés de fréquentation, des zones où il est possible de joindre par des moyens de télécommunication les services de secours, de la conduite à tenir en cas d’accident ; − d’aménager et de signaliser les échappatoires.

2. Aux professionnels

[...] ● De procéder à la reconnaissance préalable des canyons, en début de saison, comme après une crue qui pourrait modifier notamment la présence ou la position des obstacles tels que les bois flottés coincés. ● De ne pas assurer de prestations dans les canyons ou les portions des canyons ne permettant pas à un pratiquant d’échapper à une crue éventuelle (notamment en l’absence d’échappatoires). ● De ne pas assurer de prestations dans les canyons ou les portions des canyons où l’intervention des services de secours, notamment héliportés, serait trop périlleuse pour les sauveteurs. ● De s’assurer que les services de secours peuvent être contactés, si nécessaire, par le pratiquant, en lui fournissant les informations utiles, à savoir les numéros de téléphone et les zones où il est possible de les joindre par les moyens de télécommunication disponibles (notamment grâce à un téléphone portable).

3. Aux consommateurs, pratiquants autonomes ou « encadrés »

● De vérifier que leur contrat d’assurance prenne bien en compte la couverture des risques liés à la pratique du canyonisme. ● De prendre connaissance et de respecter les informations et les recommandations affichées ou portées à leur connaissance, dans les structures, aux différents points d’entrée des sites ou sur les parcours. ● De ne pas pratiquer cette discipline dans des canyons ne permettant pas aux pratiquants d’échapper à une crue éventuelle (absence d’échappatoires notamment). ● D’éviter de s’engager dans un canyon à la suite de précipitations ou en cas de prévision d’orage. ● D’éviter un départ trop tardif dans la journée. ● D’exiger du professionnel une information préalable détaillée sur les difficultés du parcours, de prendre connaissance des numéros de téléphone des services de secours à contacter en cas d’accident ainsi que des zones où il est possible de joindre ces derniers par les moyens de télécommunication disponible, de placer à cet effet leur téléphone portable dans le compartiment étanche de leur sac à dos. "

Texte intégral disponible ici :

Cette commission est à cent lieues de la notion de pratique d’activité de montagne, de risque mesuré, de terrain d’aventure... sans parler de la définition même d’un canyon qui intègre de fait une part d’engagement dans des "portions ne permettant pas à un pratiquant de s’échapper".

Ce qui est inquiétant, c’est qu’elle émet des recommandations très nettes à l’attention des préfets, en faveur d’une INTERDICTION des canyons non aseptisés, c’est à dire quasiment l’ensemble du domaine praticable.



Espace communautaire

Mot de passe:

Actualités

un ouvrage ludique pour adopter son comportement devant un patou

Découvrez les réflexes à adopter
Lire l'article

Dernière sortie